Un anniversaire important au Moyen-Orient s’est déroulé cette semaine sans que presque personne ne le remarque.
Le 14 janvier 2011, le président autocratique tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a fui brusquement et sans cérémonie le pays qu’il dirigeait d’une main de fer pendant près d’un quart de siècle, en embarquant dans un avion pour l’Arabie saoudite.
Son départ a fait de lui le premier homme fort arabe à être renversé lors de ce qui est devenu connu sous le nom de Printemps arabe – une vague révolutionnaire qui a commencé 28 jours plus tôt, lorsqu'un vendeur de fruits ambulant de 26 ans, Mohamed Bouazizi, s'est immolé par le feu dans le centre de la Tunisie pour protester contre le régime autoritaire du pays.
Aujourd’hui, alors que la République islamique d’Iran vacille au milieu de protestations massives et des menaces d’intervention militaire du président américain Donald Trump, l’héritage du Printemps arabe offre une leçon qui donne à réfléchir sur la promesse d’une révolution – et la résilience d’un régime autoritaire. Les résultats globaux ne sont guère encourageants : presque tous les pays qui ont connu un soulèvement au cours de cette période sont soit revenus à l’autoritarisme, soit sombrés dans la guerre civile.
Alors qu’Israël et l’Occident observent l’évolution de la situation en Iran, à la fois impressionnés par le courage des manifestants et espérant avec ferveur que cette fois les ayatollahs fanatiques seront balayés du pouvoir, le Printemps arabe devrait néanmoins servir de récit édifiant.
La TUNISIE, PAR exemple, était censée être différente. Berceau du Printemps arabe, elle est devenue la seule réussite du mouvement pendant une décennie. Après la fuite de Ben Ali, la Tunisie a adopté une constitution progressiste qui consacre les droits fondamentaux et impose des contrôles démocratiques au pouvoir. Les Tunisiens ont organisé six élections entre 2011 et 2019, généralement considérées comme libres et équitables.
Des manifestants participent à une manifestation contre le président tunisien Kais Saied, l'accusant de consolider le pouvoir d'un seul homme en recourant à la justice et à la police, à Tu...